VivaTech, c’est une mine d’or. Quatre jours, des centaines de startups, et autant de raisons d’errer dans les allées. Chacun selon ses envies, chacun avec ses radars.
Chez Embedded France, nous y sommes allés avec nos questions et nous en revenons avec une conviction renforcée.
S’il fallait résumer cette édition d’un trait : l’IA sort du cloud pour entrer dans les systèmes physiques. Robotique, drones, véhicules, dispositifs médicaux, usines, satellites, infrastructures critiques deviennent les terrains de déploiement d’une intelligence qui ne se contente plus de tourner sur des serveurs distants : elle s’embarque. Et c’est exactement là que se joue notre sujet, l’IA embarquée transforme des modèles en capacités opérationnelles, au plus près du terrain, avec ses exigences propres :
- le temps réel,
- la sûreté de fonctionnement,
- la frugalité énergétique,
- la protection des données,
- la certification,
- la souveraineté des composants,
- et la maîtrise de la chaîne industrielle.
Comme le souligne Eliane Fourgeau, qui pilote nos groupes de travail, le salon a marqué l’étape du passage d’une IA de démonstration à une IA industrielle, robotique et souveraine.
Pour l’Europe, l’occasion est belle puisqu’elle pourrait enfin relier ses forces historiques industrielle et électronique à la nouvelle vague de l’IA. Et les signaux ne trompent pas.
L’Allemagne, pays invité d’honneur, a déployé le plus grand pavillon pays de l’histoire du salon : 200 startups et partenaires, 14 Länder, 12 entités gouvernementales, deux ministres fédéraux, et – dans le même temps – Maurice Lévy, cofondateur de VivaTech, appelait la France et l’Allemagne à porter un fonds européen IA de 100 milliards d’euros pour réduire la dépendance du continent aux fournisseurs américains. Pour une filière comme la nôtre, le message est limpide : c’est une invitation à construire l’avenir Européen.
Bon, on a en pris plein les yeux, mais on a aussi bien travaillé ! Cendrine Barruyer, notre déléguée générale, était à la chasse aux pépites pour les prochains Trophées de l’Embarqué qui seront remis à Bercy lors des Assises de l’Embarqué (début 2027) : deux jours n’auront pas suffi à rencontrer tous les acteurs qui comptent, mais la moisson est belle. Nous sommes sûrs que de nouvelles candidatures viendront spontanément frapper à notre porte et nul doute que la prochaine édition des Trophées sera magnifique ;
D’ailleurs, de nombreux lauréats des éditions passées étaient déjà là (Robeauté, Bioserenity, Wandercraft, Vsora, Asygn, Sycon…), preuve vivante de la trajectoire de ceux que la filière met en lumière. De son côté, Eliane traquait les partenaires pour les projets de nos groupes de travail, et les rencontres ont été à la hauteur : Fabrice Plateau, directeur de l’Innovation du groupe La Poste, France Travail, autour de notre programme d’accélération en IA embarquée, et même l’Ambassade d’Allemagne, pour de prochains projets communs avec nos cousins germains…
Autour de nous, l’écosystème embarqué français était bien présent : nos adhérents et les grands acteurs de la recherche venus présenter leurs innovations et celles des startups qu’ils incubent. On remercie une nouvelle fois le CEA, le CNRS, l’Inria, Capgemini, l’Université Paris-Saclay, ENSTA, Télécom Paris, ESIEA, ESIEE… et tous les autres.
Enfin, comme chacun repart de VivaTech avec un projet qui l’a marqué, retenons-en un parmi les plus bluffants : SPLINTER, porté par MBDA : un satellite « chasseur » autonome qui manœuvre avec précision en orbite basse.
Au fond, VivaTech 2026 confirme ce que nous annonçons depuis longtemps : la prochaine révolution de l’IA ne se jouera pas seulement dans les datacenters, mais dans les machines qui agissent dans le monde réel. Avec l’arrivée des World Models, capables de comprendre un environnement, d’anticiper et de planifier, une nouvelle génération d’IA émerge : l’IA Physique.
Cette IA-là ne se contente pas de prédire du texte : elle perçoit, raisonne, décide et s’exécute dans un drone, un robot, un véhicule, un satellite, une usine. Et c’est précisément le terrain de jeu, et de responsabilité, de notre filière de l’Embarqué.
Relier ces avancées logicielles aux contraintes du réel, c’est notre métier. Et c’est le fil rouge de notre prochaine grande échéance : les Assises de l’Embarqué 2027, où la robotique et l’IA Physique seront au centre. Nous avons une carte majeure à jouer.
À nous de la transformer en trajectoire.